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Des sénateurs américains réintroduisent une proposition de loi sur les sanctions ciblant les gangs haïtiens et leurs fournisseurs, révèle le Miami Herald

CTN News

C’est le très respecté journal floridien le Miami Herald qui a rendu public cette information dans un article publié sur son site Internet ce mercredi 15 Février.

En effet dans cet article signé par la journaliste Jacqueline Charles le journal révèle qu’un groupe de sénateurs américains, dont le républicain de Floride Marco Rubio, réintroduit une loi qui s’en prendrait aux gangs criminels en Haïti et à ceux qui, dans les secteurs politique et privé du pays, sont de connivence avec eux. Ce projet de loi est intitulé “Haiti Criminal Collusion Transparency Act of 2022”. Il prévoit, selon le journal, des sanctions sévères au titre de la loi Magnitsky sur la responsabilité en matière de droits de l’homme, l’établissement de rapports annuels sur la nature et l’ampleur de la violence des gangs en Haïti, les liens entre les élites politiques et commerciales haïtiennes et les gangs criminels, et l’accès du public à ces informations.

La législation a été introduite pour la première fois lors de la dernière session de la Chambre par la démocrate de Floride Val Demings, qui a perdu sa tentative de détrôner Rubio dans la course au Congrès de l’État en novembre. Bien que le projet de loi s’appuie sur la législation existante, son objectif est de forcer les États-Unis à étendre leurs efforts pour s’attaquer aux gangs criminels d’Haïti et à leurs commanditaires, qui n’ont pas suivi le rythme des efforts similaires du gouvernement canadien, a déclaré un membre du personnel du Congrès.

C’est aussi l’occasion pour le journal de rappeler que depuis le mois de novembre 2022 le gouvernement Canada a sanctionné 15 citoyens parmi eux dont l’ancien président Michel Martelly et les anciens premiers ministres Jean-Henry Céant et Laurent Lamothe, ainsi que plusieurs hommes d’affaires de premier plan pour leur soutien présumé à des bandes armées en Haïti.

Marco Rubio met la pression sur Whasington à faire plus

Le sénateur américain de la Floride Marco l’un des initiateurs de cette loi au congrès américain presse l’administration Biden à agir. Dans des propos tenus au journal floridien le parlementaire estime que
“l’administration Biden dispose déjà de l’autorité exécutive pour mettre en œuvre des sanctions ciblées afin de tenir les auteurs de violations des droits de l’homme responsables de leurs actes de corruption. Cependant, l’administration doit aller plus loin”.
Craignant les conséquences de l’instabilité d’Haïti sur le pays lui même, la stabilité de la région et celle de son État natal de Floride, Marco Rubio se désole que “le peuple haïtien souffre depuis longtemps des difficultés liées à la violence des gangs, qui continue de menacer sa vie quotidienne et de soutenir des responsables gouvernementaux corrompus”. Selon lui ‘’les États-Unis et la communauté internationale doivent demander des comptes à ces mauvais acteurs comme première étape pour résoudre la crise complexe de l’île.”

Une proposition soutenue par des démocrates

Marco Rubio républicain de premier plan de son état n’est pas le seul promoteur de cette législation. En effet la proposition est coparrainée au Sénat par Bob Menendez, le démocrate du New Jersey qui préside la commission sénatoriale des relations extérieures, Tim Kaine, un démocrate de Virginie, et le républicain Ted Cruz du Texas, ainsi que par le démocrate du New Jersey Cory Booker, écrit Jacqueline Charles.

Le projet de loi ne prône pas seulement des sanctions. Il exige aussi que le Département d’État enquête et fournisse au Congrès des rapports annuels sur la nature des relations entre les gangs criminels et les élites politiques et économiques en Haïti précise le papier du Miami Herald arguant que ‘’ces rapports seraient accessibles au public sur le site Web du département d’État’’.

Jacqueline Charles dans son papier rappelle qu’en 2022 le président américain Joe Biden avait dans une loi exigé des rapports pour le département d’État afin d’informer les législateurs du Congrès sur la crise de gouvernance en cours en Haïti, les individus dans les actes de corruption et les événements entourant le massacre de 2018 dans le quartier de La Saline à Port-au-Prince, ainsi que l’enquête en cours sur l’assassinat du président Jovenel Moïse.
Lorsque les rapports ont finalement été publiés, les critiques ont noté qu’ils n’étaient pas très détaillés rappelle l’article précisant que le rapport sur le dossier de l’assassinat du président Jovenel Moïse ne faisait que quelques pages et le rapport sur la corruption était essentiellement un clip des rapports des médias, sans aucun signe d’une enquête indépendante des autorités américaines.

Entre attente et optimisme

“Alors que la situation en Haïti continue d’échapper à tout contrôle, je suis fier de réintroduire cette législation bipartisane pour demander des comptes aux gangs criminels d’Haïti, à leurs financeurs et à leurs soutiens politiques”, a déclaré M. Menendez dans des propos cité par le journal floridien

“Alors que le peuple haïtien est confronté à une crise politique, sécuritaire et humanitaire, les gangs criminels – et ceux qui les soutiennent – continuent de perpétrer des abus horribles, notamment en assassinant des civils et en commettant des actes odieux de violence sexuelle en toute impunité. Alors que l’avenir d’Haïti est en jeu, les responsables de ces délits doivent en subir les conséquences, quel que soit leur statut.” M. Kaine a déclaré que les sanctions prises par l’administration Biden l’année dernière contre les gangs étaient une étape indispensable. “Cette législation exposera les liens entre ces individus qui perpètrent une violence indicible contre le peuple haïtien et les puissantes personnalités publiques qui déploient ces gangs pour leur propre bénéfice”, a-t-il déclaré. “Elle fournira un outil important pour la transparence, la responsabilité et la justice pour le peuple haïtien.”

Il faut dire que cette proposition de loi des sénateurs américains de toute tendance intervient dans un contexte de multiplication des actes d’insécurité en Haïti. Plusieurs actes d’enlèvement sont enregistrés au quotidien, des routes nationales ne sont plus accessibles avec des conséquences néfastes sur la flambée des prix des produits de première nécessité et sur la libre circulation des biens et des personnes.

Pierre Philor Saint-Fleur

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