
Déjà condamné pour de nombreux outrages, le prévenu, coiffé d’un catogan et d’une courte barbe noire comparaît pour de nouvelles insultes et menaces envers des policiers, à proximité du commissariat de Nîmes, vers 4h30, dans la nuit du dimanche 20 au lundi 21 février 2022.
Ce soir-là, le comportement du jeune de 25 ans, en train de vociférer sur sa femme, derrière un portail, alerte une patrouille qui rentre au poste, situé dans la même rue. Et lorsque les agents interviennent, celui-ci s’énerve aussitôt. « Je sors de cinq ans de prison, je m’en fous de retourner en garde-à-vue. C’est ma femme, je fais ce que je veux !, s’excite-t-il, visiblement ivre et prêt à en découdre, les poings fermés le long du corps. Dégagez, allez faire un tour ! » Lorsque les agents tentent de l’interpeller, il résiste de plus belle et porte un coup de coude à l’un des deux gardiens de la paix en se débattant.
« Je connais Benslima et l’IGS ! »
La présidente répète la salve d’insultes et de menaces qu’il profère pendant l’incident. « Fils de pute. Heureusement qu’il y a Dupont-Moretti !, commence Béatrice Almendros, en levant les sourcils en signe de perplexité. Vous allez voir, je connais Benslima (le médecin légiste du CHU de Nîmes, Ndlr), qui va me filer 8 jours d’ITT, l’IGS (l’Inspection générale de la police nationale, Ndlr) et des avocats qui vont ruiner votre carrière ! Je vais vous crever, la Justice est avec moi ! »
La présidente interrompt sa lecture et regarde le prévenu droit dans les yeux. « Je pense que si le chef-légiste, Benslima entendait que vous suggérez qu’il est capable de faire des certificats de complaisance, il apprécierait moyennement, déclare-t-elle tranquillement. Et puisque vous dîtes que la Justice est avec vous, nous allons vous écouter et forger notre propre…


