La mobilisation mondiale en faveur du rétablissement de la sécurité en Haïti franchit une étape importante.
Le secrétaire d’État américain Marco Rubio a annoncé vendredi que les États-Unis ont reçu des engagements dépassant largement les objectifs initiaux pour le renforcement de la présence internationale dans le pays.
Selon Rubio, les promesses de contribution s’élèvent à « jusqu’à 7 500 personnels de sécurité » provenant de plusieurs nations, un chiffre qui dépasse de plus de 36 % l’objectif de 5 500 militaires et policiers que Washington avait fixé.
« Nous recherchions 5 500 éléments. Nous avons déjà des engagements s’élevant à 7 500 provenant de différents pays. Nous avons vu les donateurs se mobiliser pour soutenir cet effort », a déclaré le secrétaire d’État aux journalistes, selon Reuters.
Cette accélération des contributions internationales intervient suite à la décision du Conseil de sécurité de l’ONU, prise fin septembre, de plus que doubler les effectifs de la mission internationale qui opère en Haïti depuis 15 mois. Cette mission sera désormais rebaptisée « Force de répression des gangs », reflétant un objectif plus agressif qu’auparavant.
La précédente mission, dirigée par le Kenya, avait été mise en place en juin 2024 mais a rencontré des difficultés significatives dans sa capacité à réduire la violence liée aux organisations criminelles armées. Plusieurs de ces groupes ont été classés comme organisations terroristes par Washington.
Une crise humanitaire sans précédent
La gravité de la situation justifie cette mobilisation internationale.
Les gangs, largement équipés d’armes illégales en provenance des États-Unis, contrôlent désormais la quasi-totalité de Port-au-Prince. Cette domination criminelle a forcé plus de 1,3 million de personnes à fuir leurs domiciles et a aggravé une crise alimentaire majeure.
L’ampleur de la participation des enfants dans ces organisations criminelles constitue une préoccupation particulièrement alarmante. Selon le Fonds des Nations unies pour l’enfance (UNICEF), les enfants représentent environ 50 % des effectifs des gangs haïtiens, révélant l’exploitation systématique des jeunes par les organisations criminelles.
Une conférence des bailleurs de fonds couronnée de succès
Cette dynamique positive émane d’une conférence de pledging tenue à huis clos le 9 décembre au siège des Nations unies.
Les États-Unis et le Canada, qui en ont assuré l’organisation, ont indiqué que dix-huit entités avaient formulé des engagements en matière de personnel, de ressources et de soutien technique.
Ces contributions reflètent une prise de conscience croissante de la part de la communauté internationale quant à l’importance stratégique de la stabilisation d’Haïti pour la sécurité régionale et mondiale.
Malgré cet élan diplomatique encourageant, la tâche qui attend la Force de répression des gangs demeure formidable.
La mission Kenya-dirigée initiale a démontré que l’envoi de troupes, bien que nécessaire, ne suffit pas à vaincre rapidement des réseaux criminels profondément enracinés et bénéficiant d’importantes ressources financières, selon ce qu’a rapporté Reuters.
Le succès de cette initiative dépendra de la capacité des Nations unies et des États contributeurs à coordonner leurs efforts, à déployer les ressources promises et à soutenir la Police nationale haïtienne dans la reprise du contrôle territorial.
Pour la population haïtienne, ces engagements représentent un espoir fragile que la communauté internationale reconnaît enfin l’urgence de la crise et s’engage résolument à y apporter une réponse proportionnée.
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Source : Reuters


