Elle décline à participer à la commémoration officielle du premier anniversaire de l’assassinat de son époux le 7 juillet prochain. Martine Moïse est ferme sur ce point.
« La Famille Moïse ne compte en aucun cas assister aux activités commémoratives prises en charge par l’Etat haïtien, dont le chef du gouvernement fait l’objet de présomptions graves d’assassinat sur le président de la République ». C’est ce qu’on peut lire dans ce communiqué du bureau de communication de l’ex-première dame de la République.
En effet, le gouvernement entend faire fort pour le premier anniversaire de l’assassinat du président Jovenel Moïse et prévoit d’inaugurer un mausolée en l’honneur de l’ex-chef d’Etat dans les Jardins du Musée du Panthéon National Haïtien (MUPANAH) ces 6 et 7 juillets. Mais cette activité se déroulera sans Martine Moïse, l’épouse du feu président.
La présence du premier ministre de facto Ariel Henry constitue une gêne vraisemblablement. Le communiqué a souligné « que les enquêtes judiciaires avaient fait mention des éléments compromettants sur l’implication présumée du chef du gouvernement haïtien dans la planification dudit complot » pour assassiner celui qui avait été son conjoint pendant 25 ans.
Les efforts du Gouvernement en place de déclarer fériée la date du 7 juillet en plus de la décision de marquer le premier anniversaire de la mort du chef d’État haïtien, ne suffisent pas à dissiper les doutes et à rassurer la famille présidentielle.
« Le jeudi 7 juillet 2022, ramène le premier anniversaire de l’assassinat, dans des circonstances tragiques, du 58e président de la République d’Haïti, SEM Jovenel Moïse, en sa résidence privée, à Pèlerin 5. Un an plus tard, malgré l’arrestation de certains suspects à l’échelle nationale et internationale, la nomination d’un cinquième Juge d’instruction pour mener l’enquête, le renvoi et la mise en disponibilité de certains agents de la Police Nationale d’Haïti (PNH), l’instruction judiciaire patauge », poursuit le communiqué.
La veuve a précisé qu’elle et ses enfants, se sont constitués en partie civile, ”en vue de porter plainte au cabinet d’instruction contre l’actuel chef du gouvernement, des inculpés dont les noms figurent dans le rapport de la Direction Centrale de la Police Judiciaire (DCPJ) sur l’assassinat du président et de leurs complices non encore identifiés qui sont toujours libres de leur mouvement”.
Martine Moïse entend marquer à sa manière la disparition tragique de l’ex-président. ’’La famille Moïse invite chaque Haïtienne, Haïtien du territoire, de la diaspora, toutes celles et tous ceux qui sont affectés par la disparition du président Jovenel Moïse, selon leurs croyances et leurs religions, à apporter leurs contributions significatives au combat pour le triomphe de la justice face aux meurtriers et au système ».
C’est le magistrat instructeur Walter Wesser Voltaire qui est en charge de l’enquête sur l’assassinat du président Jovenel Moïse. Il a confirmé au quotidien le Nouvelliste qu’il est actuellement dans une phase d’audition des gens.
Le dossier de l’assassinat de Jovenel Moïse a déjà été confié à cinq juges d’instruction. Les avancées sont loin d’être significatives. La justice haïtienne se retrouve en paralysie totale, minée par la corruption et les crises récurrentes. Les infrastructures ne sont également pas épargnées par les bandits. Le palais de justice de Port-au-Prince a été envahi par des assaillants qui le contrôlent encore depuis d’un mois.
L’enquête sur l’assassinat du président haïtien Jovenel Moïse est menée parallèlement aux États-Unis où de nombreux suspects sont incarcérés.
L’ex-Première dame Martine Moïse, lors d’une interview, a dit faire confiance à la justice américaine pour rétablir les faits et punir les coupables.
Entre-temps, un des suspects dans l’assassinat du président haïtien, l’homme d’affaires d’origine jordanienne Samir Handal, détenu en Turquie depuis novembre dernier, a recouvré sa liberté hier lundi. La justice turque n’a pas été convaincue par les formalités de la demande d’extradition du Gouvernement haïtien rapporte l’agence de presse turque DHA.
Ce qui soulève de l’indignation du côté des pro-Jovenel Moïse en Haïti. L’ex-premier ministre Claude Joseph a d’ailleurs critiqué le comportement du gouvernement en place d’avoir monté un dossier de pacotille. L’ex-chancelier a rappelé qu’il avait milité pour l’arrestation de Samir Handal en Turquie, indiquant maintenant que sa vie est menacée.


